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Une majorité en mode..."urgences" !


En subtance, nous reprenons comme les autres groupes de la minorité,l'intégralité de la déclaration commune :



Monsieur le Bourgmestre,
Chers Collègues,

En 2003, la majorité nous a convaincu de la nécessité d'opérer une fusion des deux sites qui hébergent les maisons de repos de notre commune, dans le souci d'assurer pour l'avenir, la capacité exceptionnelle d'accueil des personnes dépendantes que nous avons la chance avoir dans cette commune.

Il est apparu que la fusion des deux maisons, sur le seul site d’Orbais, présentait d'incontestables avantages en termes d'économies d'échelle.

À l'unanimité des conseillers, tant à la Commune qu’au CPAS, nous avons accepté l'idée d'entreprendre un projet de reconditionnement et d'extension du Home TREMOUROUX.

Le 19 novembre 2003, le conseil du CPAS a engagé un emprunt de 360 000 € pour s'offrir l'étude de faisabilité et la rédaction d'un projet d'architecte.

Après diverses péripéties et négociations au cours de la phase d'obtention du permis de bâtir, le coût de ce travail a été estimé à 3 900 000 €.

Début octobre de cette année, une réunion extraordinaire du gouvernement wallon a annoncé l'ouverture d'une nouvelle enveloppe budgétaire en faveur de la mise aux normes et la construction de maisons de repos, pour un montant de 80 millions d'euros.

Dans le même temps, vous nous avez convoqué dans la précipitation, pour nous faire connaître que vous aviez procédé à un contre-examen du travail effectué par l'architecte désigné, aux soins du groupe Dexia. Au terme de cette analyse critique, vous nous exposez à présent que le coût réel de ce projet avoisinerait les 14 millions d'euros.

Vous avez, semble-t-il, avec une extrême vélocité, interrogé votre architecte sur base de la documentation obtenue de Dexia, pour lui faire revoir ses prix et obtenir un nouveau devis, avoisinant les 9 millions d'euros.

Vous voudriez aujourd'hui nous convaincre d'apporter notre caution à un revirement radical de choix politique, en optant pour une construction neuve sur le site de la rue d’Odenge.

En fait, vous nous imposez à présent de comparer des documents incomparables, émanant d’organes d’analysesdiamétralement opposés, les estimations variant du simple au double sans qu’aucune explication crédible ne puisse être prononcée.

Dans l’ensemble, les documents remis sont dérisoires par rapport aux enjeux et d'une légèreté inouïe par rapport à la décision que vous nous demandez d'endosser.

À l'étude de ceux-ci, on aperçoit que la différence fondamentale entre le devis de base l'architecte, et la réévaluation des travaux présentée, trouve sa justification pour 12 % de la masse totale dans l'augmentation des prix de la construction, mais ne fournit aucune explication sur une hausse de plus de 3 millions d'euros de la phase qualifiée de « phase C2 », aux plans d'architecture, et de phase 3 des travaux, à savoir précisément la phasequi concerne la rénovation des lits existants.

Les chiffres que vous nous communiquez sont jetés sans le moindre détail, la moindre analyse de fond, la moindre référence aux documents que nous parvenons à grappiller sur le projet initial.

Tout ceci manque du sérieux le plus élémentaire.

Laissez-nous vous rappeler la motivation de la décision adoptée le 19 février 2003 sur votre propre proposition, au sein du conseil de l’Aide Sociale :

Considérant qu'une nouvelle construction sur fonds propres, ne serait pas compatible en termes de moyens financiers, avec un entretien du bâtiment sur 30 ans ;

Considérant qu'une politique de vente précipitée des biens immobiliers conduirait inévitablement le centre à galvauder son patrimoine ;

Considérant qu'une nouvelle construction nécessite des délais variant de 10 à 15 années entre l'élaboration de l'avant projet et l'occupation de la résidence ;

Considérant les problèmes de gestion et les coûts financiers liés à la mise en conformité des sites existants simultanément à la construction d'un nouveau bâtiment ;

Considérant que les subsides ne pourront être octroyés à cette double activité ;


Considérant les investissements consentis sur le site d’Orbais, notamment en matière de rénovation de toiture et gouttières, mise en conformité des ascenseurs, rénovation des installations électriques, système d'appel-infirmières, téléphonie et télédistribution ;

Les choses étaient très claires alors, il n'était pas question de se lancer dans une construction neuve.

On aurait pu ajouter à cette motivation qui fut la vôtre, que

  • gérer une nouvelle maison de repos en parvenant à amortir le coût de construction de celle-ci, sans pousser à l'excès le prix de journée, est un véritable tour de force, le plus généralement réservé à des professionnels avisés du secteur ;

  • le choix d'une telle option, doit avant tout autre chose, reposer sur un business plan plutôt que sur des plans d'architecte,

  • qu’il n'est pas possible d'engager le patrimoine de notre commune sans le calcul préalable des pertes sur subsides à subir pour la politique antérieurement menée de rénovation des bâtiments et de gestion de ses abords;


  • On aurait pu ajouter que le choix d'engager la capacité d'emprunt de notre commune et de son C.P.A.S. sur ce projet, nécessitait avant tout autre chose une vue d'ensemble sur la politique menée sur les grands dossiers : le redéploiement économique del’entité, la mise en oeuvre des zones d'aménagement communal concerté, la politique sociale, particulièrement en ce qu'elle concerne les seniors.

    Hélas, il apparaît une fois de plus, que c'est la politique des subsides ouverts par le gouvernement, qui dicte les choix de notre commune. Il apparaît une fois de plus que la gestion publique de Perwez, se fera au gré des marchandages d'enveloppes négociées à Namur, et non pas des besoins et des réflexions menées sur notre terrain.

    Et comme bien sûr, l'enveloppe disponible a déjà été pour sa majeure partie, négociée entre les éminences de Namur, nous sommes censés rentrer un projet pour le 31 décembre de cette année, dans la précipitation.

    Il nous faudrait donc accomplir en huit semaines, plus qu'il n'a été fait en cinq ans, en changeant notre option du tout au tout. Il nous faudrait jeter l'argent dépensé et le travail accompli, au nom d’un marchandage qui a été négocié sans notre aval, et qui serait prétendument plus avantageux.
    Ce délai est intenable, et nul ici ne pourra prétendre avec sérieux, qu'une décision politique de cette envergure puisse être prise dans un délai si court.

    Comment d'ailleurs ne pas passer pour ridicules quand on sait que vous voulez nous faire admettre, à cause d’un délai aussi court, que nous allons confier le travail d'étude d'une nouvelle maison de repos à un architecte, dont vous nous dites, ce qui reste à vérifier, qu'après avoir revu ses notes, il conclut à 100 % d'augmentation de son projet initial ?

    Bien sûr, vous n'avez plus le temps de consulter quelqu'un d'autre, parce qu'il faut à présent jeter à la face de la population, un projet nouveau, pour faire croire que c'est le produit d'une réflexion démocratique et aboutie.

    En réalité, il n'en est rien. Une fois de plus, le processus communal sera court-circuité, et sans doute, la presse sera-t-elle informée des détails de vos projets, avant même que nous ne le soyons.

    Nous pensons que le minimum de ce qui doit être fait avant de prendre une telle décision, et qui constitue notre devoir de gestion de la chose publique, repose sur quatre phases indispensables pour décider, à savoir :

    • l'audition de l'architecte désigné et une séance d'explications contradictoires sur la révision inopinée de son évaluation première

    • le recours à une expertise indépendante, et nous entendons par le terme indépendante, une expertise qu'il ne soit pas celle de quelqu'un qui peut être intéressé à un partenariat public-privé, comme l’est par exemple le groupe Dexia au travers de sa filiale AEDIFICA. Nous suggérons par exemple l’expertise du Centre Fédéral d’Expertise des Soins de santé (KCE).

    • la définition d'un business plan intégrant l'amortissement futur du bâtiment, les coûts de crédit sur les politiques de subsides antérieures qui ne seront pas amorties, les coûts de financement, tant en termes de solution d'emprunt, qu'en termes de solution de liquidation du patrimoine ;

    • la définition d'une politique de gestion et la détermination des capacités que notre commune peut offrir en termes de ressources humaines, pour garantir que demain, le prix de journée que nous offrirons, restera bien le prix qu'on est en droit d'attendre d'un opérateur public, sans être plus cher que le privé ;

    • une comptabilité prévisionnelle de la phase de transition que vous décriviez en 2003 comme financièrement intenable.

    Voilà quels sont les outils de validation indispensable à une décision sérieuse.

    Nous ne sommes pas des techniciens, nous ne sommes pas non plus les spécialistes de la matière, mais nous avons été élus pour prendre les décisions avec toutes les précautions qui s'imposent, avec réflexion et sérieux.

    Nous ne doutons pas, qu'une fois encore, vous nous prendrez à partie, en dénonçant l'immobilisme de la minorité, son art de passer à côté de la montre en or, son refus prétendu de travailler de manière constructive.

    En vérité, Monsieur le Bourgmestre, chers Collègues, la démonstration est faite une fois de plus de l'improvisation de nos choix pour l'avenir, du refus de la majorité d'entrer dans un vrai débat sur une population qui s'accroît, sans une offre de services étudiée à long terme.

    Chaque fois que l'occasion se présentait d'avoir une telle vision, au travers du Schéma de structure, dans des commissions communales prévues à cet effet, dans le cadre d'un dialogue correct auquel nous souhaitions contribuer, vous avez repoussé toutes nos offres de travail, l'examen de toute solution alternative, la communication complète des informations dont vous disposiez.

    Aujourd'hui, vous voudriez nous voir cautionner un revirement de cap radical.

    La réponse constructive de la minorité sera négative, dans l’espoir de vous ramener in extremis, à la raison.


Page imprimée le 20/11/2017 à 02:59. | © ECOLO Perwez - 2006